Responsabilité pour l'autre jusqu'à mourir pour l'autre.   E.Lévinas, Diachronie et représentation

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La philosophie d’Emmanuel Lévinas à invite à penser le sujet en relation aux autres, dans le cadre d'un contexte historique de la Seconde Guerre mondiale.
Il semble que Lévinas ait articulé les concepts de sa pensée à partir de cet «événement historique fondateur» pour élaborer par la suite une éthique de la responsabilité. Même si la majorité de son œuvre est «accueillie» en temps de paix, nous proposons de lire de manière nouvelle l’auteur depuis le lieu des situations de conflit et de tension. C’est pourquoi, nous nous attardons moins sur les conditions effectives de vie du prisonnier de guerre Lévinas que sur le réel à partir duquel nous nous approprions ses écrits.
Conscient que Lévinas a bénéficié, durant sa captivité, de conditions correctes en qualité de prisonnier de guerre dans un camp d’officiers , nous lisons ses écrits à la lumière de l’ampleur des témoignages historiques de l’époque. Nous acceptons de soumettre le présent travail de symbolisation à la critique du lecteur, pour que ce dernier puisse par lui-même mesurer la distance qui le sépare de la réalité de la guerre avec son propre imaginaire.

penser le sujet en relation avec l'Infini
Les multiples errances de Lévinas affectent son mode réflexif. La parole de Lévinas bouscule le sujet qui s’installe dans l’être et interpelle la conscience dans sa droiture, «sans ruse ni faux-fuyants» . L’itinéraire de Lévinas s’apparente à une errance où l’esprit emboîte le pas au corps. Sans fuir dans la révolte ni manquer à sa responsabilité de survivant, Lévinas présente la situation limite de l’être-au-monde du sujet –être c’est être-pour-la-mort– comme une voie royale pour rester identique à soi tout en s’accomplissant par l’Autre .

penser le sujet à partir du corps d'autrui
Le second moment de notre réflexion retient l’expérience de la guerre comme le fondement d’une rupture avec tout ordre moral ou social établi. Il semble que la guerre laisse croire aux humains qu’il est légitime d’enfreindre toute règle morale. L’étranger c’est l’ennemi. Au nom du droit de légitime défense, il appartient à chacun de tuer, blesser, voler, obliger l’autre aux travaux forcés pour préserver l’intégrité de son sol et de sa personne. En partant de son expérience de la guerre et des camps de travaux, Lévinas «démonte» la philosophie de l’être et propose une philosophie de l’autre . L’éthique de Lévinas –souci critique de l’ontologie qui ramène l’Autre au Même– est une mise en question de la spontanéité du Même par la présence d’Autrui. Autrui, c’est l’étranger, le pauvre, l’homme à la peau nue et au corps marqué par les violences. Lorsque les chiens s’approchent d’un corps humain pour lécher les plaies, la question n’est plus de savoir qu’est-ce que l’être de l’homme, sinon bien quelle valeur cet homme a dans la conscience de celui qui supporte une telle vision. Certes, chacun possède une expérience personnelle de la nudité et de la souffrance. Lorsqu’il s’agit de la nudité et de la souffrance des autres il ne peut plus s’agir de «connaissance» sinon de «responsabilité». Si l’autre est nu et souffre c’est parce que celui qui le voit est déjà passé à ses côtés en l’ignorant.

penser le sujet dans la droiture du face à face
Le troisième moment invite à entendre la question du «qui est autrui ?» en même temps que celle du «qui est autrui pour le sujet questionnant ?». Au sortir de l’expérience limite de la guerre, Lévinas –au même titre que de nombreux survivants des camps de travail et de concentration– est confronté de manière directe à cette question à travers l’interpellation des êtres chers dans sa vie –ceux qui sont morts comme ceux qu’il retrouve à la Libération. Cette expérience s’apparente à celle d’un être qui se sait aimer alors qu’il se découvre responsable de la finitude des autres. Comme une façon de laisser tomber le masque pour entrer dans l’intimité du sujet, c’est au regard de la vie affective de l’auteur que nous accueillons avec lui le premier discours sur la nudité du visage.

[1] E. Lévinas, Philosophie, justice et amour. Entretien avec Emmanuel Lévinas : Esprit 8/9 (1983) 12.


Date de création : 16/11/2004 - 19:44
Dernière modification : 05/11/2005 - 12:32
Catégorie : Oeuvre et écrits
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