Le lieu de la morale et de l'élévation ne se trouve-t-il pas désormais au laboratoire?   Emmanuel Levinas, Le mot je, le mot tu, le mot Dieu

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kalelogo.gifFait religieux - L'évolution religieuse de l'humanité

 L'évolution religieuse de l'humanité

« Celui qui, tous les soirs, après sa journée de travail se plonge dans la lecture d’un roman policier ou va au cinéma en voir un ou en regarde un à la télévision, et le religieux qui s’adonne quotidiennement à la prière, se rejoignent sur un point : ils essaient de faire entrer de l’insolite, du mystérieux, du merveilleux, du numineux, du sacré ou du religieux dans leur vie de tous les jours et de scander leur existence d’un certain Au-delà auquel ils s’identifient. On dit des westerns qu’ils illustrent le désir de l’homme d’une victoire sur le bien et le mal, le Superman ou les superstars sont l’incarnation des aspirations d’un chacun voulant vivre une vie meilleure que la sienne. On veut partout s’évader d’une vie trop terre-à-terre, trop misérable, on veut s’en sauver, on veut se sauver, on veut rejoindre, se relier, se rattacher à quelque chose dont on se sent séparé et ce quelque chose est l’insolite, le merveilleux, le numineux, le sacré, le religieux, dans lequel on se sent comme enraciné. Nous sommes ici à la naissance des mythes. »[33]

Qu’est-ce qui fait l’homme ? Son caractère bipède ? Son rire et ses larmes ? La pierre taillé de l’ « Age de la pierre » ? La domestication du feu de l’Homo erectus ?  L’outil multifonctionnel de l’Homo sapiens ? En se penchant sur l’histoire de l’humanité, on découvre que depuis toujours l’homme a eu une dimension religieuse et que les cadres religieux ont évolué pour assurer une cohérence entre les aspects concrets de l’existence et les aspirations de l’être humain.

Une telle interrogation nous aidera-t-elle pour autant à répondre à la question : qu’est-ce qui fait l’usager (en travail social) ? Sa dignité ? Le respect de ses droits et de sa dimension religieuse ? Quel lien y a-t-il entre l’homme de l’histoire (préhistoire) et l’homme moderne ? Comment parler de spiritualité et de religion lorsqu’il s’agit d’interpréter la réalité de cultures tellement étrangères ?

L’acte réfléchi a-t-il plus de sens que le comportement instinctif ? L’action collective peut-elle déstabiliser l’harmonie du monde ? Un éveil de la conscience humaine suffit-il pour organiser ses (nouveaux) rapports au monde ? Considéré sous cet angle, l’éveil correspond-t-il a ce que d’aucuns appellent spiritualité et religion ? Dans le contexte d’une telle réflexion, « sacré » désigne l’ouverture sur d’autres cultures et la foi en l’autre homme. La question du sens est sensibilité : approche à l’infini de l’origine et de la fin de toute chose.

Les dessins des cavernes, les sépultures témoignent des croyances et des pratiques religieuses de l’homme préhistorique. Mais une flûte trouvée sur un site archéologique ne nous renseigne pas pour autant sur le type de musique qui était joué à l’époque de la naissance de cet instrument. Comment l’homme des origines de l’humanité a-t-il expliqué le monde qui l’entoure ? Comment est-il passé d’un rapport horizontal et direct avec la nature à une relation verticale et distanciée avec les ancêtres et les dieux ? Comment le sentiment religieux est-il né, comment les dieux sont-ils nés ?[34]

On distingue dans l’évolution religieuse de l’humanité depuis ses origines, quatre types principaux de religions :

  1. les religions paléolithiques,

La religion la plus typique est le chamanisme. A cette époque, la chasse est vue comme un échange réciproque : les homme « obtiennent » du gibier négocié avec les esprits des animaux. L’action rituelle est simulation de ce que l’on veut obtenir, elle n’est pas prière ou sacrifice. Une notion d’égalité règne entre l’homme et l’animal.

  1. les religions néolithiques,

Progressivement les chasseurs se font pasteurs et agriculteurs. Nomades ou sédentaires, au sein des divers groupes, une hiérarchie se met en place. Les hommes ont conscience qu’ils doivent leurs troupeaux et leurs biens aux aînés qui les ont précédés. Du coup, c’est auprès des ancêtres bienfaiteurs que l’on va demander par des prières et des offrandes à obtenir des faveurs. On glisse de la notion de « malheur-contrepartie » vers la notion de « sanction-malheur ». En même temps, les pasteurs prennent de la hauteur par rapport aux animaux. Le rite devient sacrifice.

  1. les religions polythéistes antiques,

Progressivement, la mythologie se construit. Une cosmogonie naît. La vision de monde évolue vers une représentation du monde verticale et hiérarchique.

Dans l’examen des phénomènes céleste, l’homme découvre un ordre qui contraste avec la confusion qui règne parmi les humains : l’idée de loi (céleste) se dégage. Social et politique se structurent en un système inséparable.

  1. et les religions de salut –les « grandes religions » actuelles.

On passe d’une conscience mythique à la conscience historique. Un changement d’attitude face à la nature s’est instauré : naissance des temples et des clergés. Les puissances des Etats font que leurs dieux gagnent en notoriété. Chez les Sumériens, « avoir de la chance » se dit d’ailleurs « avoir un dieu ».

Au long de l’évolution religieuse de l’humanité, la religion s’est présenté comme « ce qui sert à lier l’intérieur avec l’extérieur. L’intérieur dans ce cas étant principalement le lieu des interprétations incertaines. C’est le lieu de l’inexpliqué, du doute mais également celui du silence, voire de l’inébranlable. L’extérieur se laisse observer quant à lui dans les liens avec les autres. Il se caractérise par l’action et la pratique sociale. C’est celui qui se laisse le mieux approcher.

Par ce faire nous sommes au croisement de la sphère privée et intime avec la sphère collective, du particulier et du général, de l’inconscient collectif (universel) et du contingent.

Etudier la religion c’est entrer dans l’expérience de la différence et de la multiplicité. C’est accepter de s’interroger sur l’ici et le maintenant (Hic et nunc) en se laissant interpeller par le passé (déjà-là) et le futur (à-venir).

Les religions se laissent diviser en « grandes » ou en « petites ». On s’attache dans ce cas au nombre de fidèles. Il s’agira de plus d’être attentif à leur extension sur la surface de la terre (local, régional ou universel).

Elles peuvent être classifiées à partir de critères chronologiques ou géographiques. Sans opposer nécessairement l’occident à l’orient, il est intéressant de repérer l’enjeu géopolitique et les divers mouvements d’expansions des peuples (agricoles, industriels, belliqueux, etc.).

Au regard de ces différents critères, certains auteurs[35] proposent dès lors une classification différente à celle énoncée ci-dessus :

  • les religions ethniques :

Les religions ethniques ne sont pas des religions naturelles. En tant que constructions sociales, les religions sont des produits culturels qui satisfont aux nécessités changeantes des groupes humains.

Il convient de distinguer toutefois les religions ethniques de l’époque paléontologique à celles qui survivent dans l’actualité.

  • les religions impériales[36] :

Les religions impériales se caractérisent par le fait d’être centrée sur la figure symbolique du souverain. Les limites géographiques et cultuelles de la religion se superposent aux frontières qui définissent le territoire sur lequel règne le pouvoir du monarque. A ce niveau, on observe une superposition des structures théologiques et rituelles avec la position symbolique (et surnaturelle) du roi.

  • les religions nationales[37] :

Le concept de nation est à entendre au-delà de l’interprétation moderne du territoire national. Les limites politiques et géographiques sont trop restrictives par rapport aux prétentions universelles sous-jacentes.

Derrière le concept de religion nationale on entend la cohésion d’un groupe et la cohésion sociale d’un peuple. Les rites, la mythologie, la théologie insistent principalement sur la solidarité interne. Les conflits internes sont minorés et l’appartenance identitaire renforcée.

  • les religions universelles[38] :

Les religions universelles ou universalistes se caractérisent par le fait de considérer l’humanité entière comme leur communauté possible de fidèles. Elles offrent un message qui transcende les marques ethniques ou nationales.

Elles permettent une multiplicité de profiles de disciples susceptibles de s’identifier avec le message religieux. Les théories de races et de classes sont normalement abolies.

  • les religions modernes[39] :

Dans les religions modernes, la science dicte la conduite sociale. Le sacré prend les contours de l’économie de marché. L’adepte est un produit et un consommateur. La diversité religieuse devient une multiplicité religieuse.

Les religions primitives, sapientielles et prophétiques

Du culte des ancêtres jusqu’aux mystiques intellectuelles, les religions historiques sont une coïncidence d’opposés entre le profane et le sacré, le temporel et l’intemporel ou l’éternel, le quotidien et le numineux, le multiple et l’Un. Elles partagent de grands mythes et se distinguent par leur notion du salut.

Plusieurs religions partagent des grands mythes, intacts chez les uns, brisés chez les autres :

- les temps mythiques où l’homme vivait en communauté avec les dieux. Et c’est à la suite d’une faute que les dieux se sont retirés de la Terre et que la misère a commencé ;

- le mythe de l’Un primordial indifférencié qui contient la totalité cosmique et où tous les êtres, de quelque nature qu’ils soient, même divins, sont issus d’un principe primordial Un, par un processus d’autogenèse et de différenciation progressive ;

- le mythe théo-cosmogonique de la création qui considère que le monde a une origine céleste et divine ;

- le mythe du combat primordial qui veut que deux puissances cosmologiques ou morales s’opposent.

Et se distinguent par leur notion de salut :

- les religions sapientielles envisagent le salut sur un plan vertical ; c’est l’homme qui doit entrer en contact seul à seul avec son Dieu (Confucianisme, Taoïsme, Hindouisme et Bouddhisme).

Ces religions sont le produit de la réflexion du sage sur la condition de l’homme et sur l’énigme de son existence fugace et souffrante ; cette réflexion du sage naît de l’impression d’injustice qui domine la destinée humaine.[40]

- les religions prophétiques observent l’homme sous la poussée de Dieu dans l’acheminement de toute une société et de tout un monde vers une ère eschatologique (Iranisme, Judaïsme, Christianisme et, à un titre moindre, l’Islam).

La variété des manifestations du religieux demande une prudence dans l’interprétation et dans la tentative des définitions. Par « religion » nous devons donc entendre l’élaboration d’une construction sociale qui a son histoire.

L’univers propre à la religion se définit par rapport à d’autres sphères qui s’y opposent (superstition, hérésie, foi, incroyance…), voire qui paraissent indignes à ce qualificatif.

Parmi les religions, il y a :

- les religions sans fondateur et magistère (hindouisme)

- les religions sans Dieu suprême et sans prêtre (bouddhisme)

- les religions sans croyances précises (religions romaines)

« Elles ne réclamaient aucun acte de foi explicite et ne comprenaient généralement aucune initiation ou doctrine. Le savoir religieux et la ‘doctrine’ se limitaient au calendrier liturgique, aux rituels prescrits et au mode de célébration traditionnel. »[41]

En elles, l’action sociale se déploie en communauté par le biais :

- d’une communication symbolique régulière par rites et croyances. La référence (question de l’origine) à un monde symbolique et idéologique s’exprime à travers un ensemble de représentations et de pratiques consignées dans des textes et constamment commentées.

- du charisme d’un fondateur (ou refondateur) qui instaure une filiation (question de la transmission).

- du lien politique exprimé par le pouvoir (question de la légitimité), sa gestion collective (au niveau de l’organisation, de l’institution) et son effectivité (efficacité) sociale (au niveau des acteurs).

  • L’animisme

Pour le Petit Dictionnaire Larousse illustré (2001), « l’animisme est une forme de religion qui attribue une âme aux animaux, aux phénomènes  et aux objets naturels ».

L’animisme considère toute chose comme animée. D’où les notions primitives d’« esprits » bons ou mauvais, de « sorts », de « mana[42] ».

Expérience religieuse des sociétés traditionnelles fondée sur le sentiment fort de vivre dans un univers où le visible et l’invisible se compénétrent, et sur une recherche de communion avec les dieux (qui habitent la nature), avec le groupe social et avec les ancêtres. Dans cette perspective l’univers tout entier est en dépendance des dieux, et le sens de l’existence humaine passe par l’intégration dans l’ordre du monde.[43]

Pour Freud, sans être encore une religion, l’animisme implique déjà les conditions préalables de toutes les religions qui surgiront ultérieurement.[44]

On compte dans cette forme de religion traditionnelle le fétichisme, vénération pour quelque chose ou quelqu’un. En Afrique, le grigri –petit objet censé porter bonheur– a valeur d’amulette[45] ou de talisman[46].

Diffusion : Afrique noire et dans les îles, chez certaines ethnies d’Amériques du Sud, dans certaines aires culturelles d’Asie. En France : chez les migrants issus de ces pays.

  • Le totémisme

Le totémisme désigne un système religieux et social fondé sur le totem.

Qu’est-ce qu’un totem ? D’une façon générale, c’est un animal, comestible, inoffensif ou dangereux et redouté, plus rarement une plante ou une force naturelle (pluie, eau), qui se trouve dans un rapport particulier avec l’ensemble du groupe. Le totem est, en premier lieu, l’ancêtre du groupe ; en deuxième lieu, son esprit protecteur et son bienfaiteur qui envoie des oracles et, alors même qu’il est dangereux pour d’autres, connaît et épargne ses enfants. Ceux qui ont le même totem sont donc soumis à l’obligation sacrée, dont la violation entraîne un châtiment automatique, de ne pas tuer (ou détruire) leur totem, de s’abstenir de manger de sa chair ou d’en jouir autrement. Le caractère totémique est inhérent, non à tel animal particulier ou à tel autre objet particulier (plante ou force naturelle), mais à tous les individus appartenant à l’espèce totem. De temps à autre sont célébrées des fêtes au cours desquelles les associés du groupe totémique reproduisent ou imitent, par des danses cérémoniales, les mouvements et particularités de leur totem.[47]

Le totem :

- se transmet héréditairement (ligne maternelle la plus primitive)

- n’est pas attaché au sol ou à une localité

- comporte la loi de l’exogamie[48]

Freud a cru pouvoir découvrir l’ « origine » des religions dans le complexe d’Œdipe  né d’un parricide primordial, parricide rituellement répété dans les « sacrifices totémiques ». Il a élaboré sa théorie –qui paraît garder encore l’approbation des psychanalystes– en 1911-1912, en utilisant l’hypothèse de la « horde primordiale » d’Atkinson et celle du « sacrifice-communion totémique » de Robertson-Smith. A l’heure où Freud élaborait son explication du sentiment religieux et se figurait avoir trouvé l’ « origine » des religions, les deux hypothèses citées ne jouissaient plus d’aucun crédit parmi les ethnologues et les historiens des religions compétents. […] Ce maître éminent aurait gagné à tenir compte des travaux de ses collègues ethnologues et anthropologues qui avaient déjà suffisamment prouvé que le totémisme ne représente pas la plus ancienne couche des religions australiennes et, mieux encore, qu’il est absent de nombre de cultures archaïques dispersées à travers le monde).[49]

  • La religion égyptienne

« la religion égyptienne n’est pas exactement un polythéisme, mais un monothéisme à facette »[50]

En Egypte, Dieu peut être invoqué sous tel nom ou tel aspect en un lieu donné et, ailleurs, sous un autre nom ou aspect.

Dans la tradition égyptienne la magie est une arme offerte par Dieu pour résister au sort et un moyen pour recréer la charnière reliant le Ciel et la Terre, le haut et le bas. Au sein d’une géographie sacrée (espace sacré), les puissances d’en haut et celles d’en bas peuvent s’unir en un mariage sacré (hiérogamie).

Les sociétés traditionnelles reconnaissent une organisation tripartite du monde :

- le monde intelligible : pure intelligence des formes intelligibles (noun des égyptiens, nous des grecs)

- le monde imaginal : monde de l’âme, des formes visibles mais immatérielles (psyché des grecs) ; lieu paradoxal

- le monde sensible : domaine des choses matérielles, des formes concrètes (soma des grecs) ; monde humain.

L’homme égyptien se considère comme une « image de Dieu », digne de son amour et capable d’y répondre. Il ne connaît pas la dualité corps-âme mais se représente la personnalité humaine comme une interaction active entre les mondes concret et imaginal.

En Egypte, l’image du monde se laisse percevoir dans le destin du mort. Le mort en Egypte revit la création et la parcourt dans le sens inverse de celui de son émergence. Il remonte le temps et l’espace jusqu’à s’identifier à la cause originelle. La mort n’est pas un échec. Elle permet l’ascension de l’homme à la seule vie véritable et participe à l’épanouissement du cosmos.

Sur terre, l’Egyptien doit faire preuve de sa capacité d’assumer ses responsabilités socio-économiques et cosmiques, en participant à l’ordre universel qui régit le monde et ses créatures. L’Egypte révèle le sens spirituel des métamorphoses et de la transfiguration de l’âme.

L’hindouisme[51]

Ensemble de conceptions religieuses nées en Inde et proposé en un grand nombre d’Ecoles, de courants de pensée et de « sectes ». L’hindouisme s’articule autour de la notion de dharma (l’ordre du monde). Il se réfère aux textes sacrés (les Védas, rédigés entre 1400 et 800 av. J.C., les Upanisads, rédigées du VIIIe siècle av. J.C. jusqu’à nos jours) et admet un ensemble de Voies pour atteindre l’infini. Les Hindous traduisent le contenu de leur religion par Santana Dharma (le dharma éternel).

L’« Hindousime » (mot formé en Occident) représente un peu plus de 10% de la population mondiale (de 500 à 700 millions de fidèles).

Il s’est répandu en Occident par le canal :

- de grandes personnalités (Rama-Krishna, Vivekananda, Krishnamurti, Gandhi[52]),

- de sociétés ésotériques (la Société théosophique, en particulier)

- de techniques séculaires (le Yoga), de courant de pensée (le New Age),

- mais aussi de multiples gurus de valeurs douteuses.

D’un foisonnement religieux apparu au VIe siècle ap. J.C. devaient surgir :

- deux nouvelles religions, se donnant pour but l’affranchissement du cycle des naissances : le Jaïnisme et le Bouddhisme.

- à l’intérieur même de l’hindouisme, un effort pour mieux cerner le monde divin ; l’Absolu, le Brahma, fait place à une triade, le « trimourti » (les trois images) : Brahma qui crée, Vishnou qui maintient, Shiva qui détruit ; des courants de dévotion privilégièrent par la suite soit une Grande déesse, soit Shiva, soit Vishnou ; ce dernier, lorsque les forces du mal menacent de détruire le monde avant la fin d’un cycle, s’incarne sous des formes humaines ou animales, les avatars, dont les plus importantes sont Rama et Krishna ; de nombreux temples sont dédiés à Vishnou souvent représenté avec quatre bras. Selon les sectes, les divinités peuvent être très nombreuses.

Temples, pèlerinages, fêtes

Les temples, plus ou moins décorés, symbolisent toujours l’univers. On vient de tout le pays à Bénarès pour s’y baigner ou jeter les cendres de ses morts dans le Gange[53], don de  Shiva, afin d’être libéré des réincarnations.

L’eau prépare l’homme au sacrifice en le rendant pur : sa fluidité emporte l’impureté. Nul ne peut s’adresser aux dieux ou entreprendre un certain nombre d’actions, ne serait-ce que commencer une journée, sans prendre un bain. Pour cela l’eau suffit, à condition qu’elle soit courante (douche, rivière) et non stagnante (baignoire). L’eau des rivières sacrées, Yamuna, Sarasvati et surtout celle du Gange (rivière céleste descendue sur terre) est si puissamment purificatrice qu’il est dit qu’on peut obtenir d’un coup la délivrance après la mort si l’on s’y baigne. Elle assure également à celui dont les cendres sont répandues dans le fleuve la meilleure renaissance qu’il puisse souhaiter. Les eaux sont peuplées d’esprits, c’est là que résident souvent les asura et c’est le domaine permanent des Nâga, les divinités-serpents qui contrôlent le cours de certaines rivières. Pour accomplir les rites aux dieux, le brahmane[54] utilise de l’eau consacrée par des rites et des mantra.[55]

Tous les douze ans, des millions de fidèles se rassemblent à Allahabad pour la Kumba Mela, grande fête réactualisant la mythologie.

A Puri, après la première lune d’été, un immense char de bois tiré par des milliers de pèlerins promène Vishnou dans la ville ; en septembre, on fête Dourga, à Calcutta.

Le Holi est une joyeuse fête du printemps, les passants y sont aspergés d’eau colorée. Chaque groupe religieux a ses temples, ses pèlerinages, ses fêtes.

La vie sans religion est une vie sans principe, et une vie sans principe est comme un bateau sans gouvernail.[56]

[…]

Laissez-moi vous expliquer ce que j’entends par religion. Ce n’est pas la religion hindoue –qui a certainement plus de valeur que toutes les autres– mais la religion qui déborde l’hindouisme, qui transforme notre nature, qui nous lie indissolublement à la Vérité intérieure et qui purifie toujours. Elle est dans la nature humaine l’élément permanent qui ne trouve aucun sacrifice trop grand s’il lui donne sa pleine expression, qui rend l’âme absolument impatiente jusqu’à ce qu’elle se soit trouvée, qu’elle ait connu son Créateur, et compris les rapports véritables entre elle et son Créateur.

[…]

Le Dieu du musulman est-il autre que le Dieu de l’hindou ? Les religions sont comme des routes différentes convergeant vers un même point. Qu’importe que nous empruntions des itinéraires différents, pourvu que nous arrivions au même but. Quelle raison aurions-nous de nous quereller ?

Les musulmans sont incapables de nuire à l’hindouisme. Seul un hindou peut nuire à l’hindouisme. De même seul un musulman peut nuire à l’islam et un chrétien au christianisme. Chaque homme est responsable de sa religion.

[…]

Celui qui est parvenu au cœur de sa propre religion est aussi parvenu au cœur des autres religions.

Tant qu’il existe des religions différentes, chacune d’elles peut avoir besoin d’un symbole distinct. Mais si le symbole est transformé en fétiche et en instrument pour prouver la supériorité d’une religion sur une autre, il n’est plus bon qu’à être mis au rebut.

[…]

La prière est l’essence même de la religion ; elle doit donc être la moelle de la vie de l’homme, car nul ne peut vivre sans religion.

[…]

L’idolâtrie est un mal, mais non le culte des idoles. L’idolâtre fait de son idole un fétiche. Un adorateur d’idoles voit Dieu même dans une pierre et par conséquent recours à l’aide d’une idole pour cimenter son union avec Dieu. Tout enfant hindou sait que la pierre dans le célèbre temple de Bénarès n’est pas Kâshi Vishvanâth. Mais il croit que le Seigneur de l’univers réside tout particulièrement dans cette pierre. Ce jeu de l’imagination est permis, et il est sain.

[…]

Nul être humain n’est trop mauvais pour être sauvé. Nul être humain n’est assez parfait pour avoir le droit de tuer celui qu’il considère à tort comme entièrement mauvais.[57]

Symboles, rites et croyances

En Inde, l’animal, comme l’homme ou la plante, est une forme de l’âme migrante, à un stade inférieur de conscience (on renaît sous une forme ou une autre en fonction de ses mérites passés). Lorsque le dieu Vishnou s’incarne, il le fait plusieurs fois sous des formes animales (poisson, tortue, sanglier, homme-lion).

Plusieurs animaux sont considérés comme sacrés et donc indestructibles, tels la vache, le cobra, le chat, l’éléphant, l’écureuil, le singe, le faucon-brahmane. Par ailleurs, on accorde aux cris des animaux des caractères néfastes (cri de la chouette, du corbeau, hurlement d’un chien) ou de bon augure (braiment d’un âne, voyage à cheval, vols d’oiseaux).

Le Yoga

Technique de la vie intérieure (et non religion) née en Orient visant à « recomposer l’être humain, à le recentrer pour l’établir par la dissolution progressive de toute illusion et la reprise progressive de possession du Soi réel par lui-même en son unité la plus profonde et l’amener ainsi à l’illumination spirituelle permanente la plus haute » (M. Maupilier).

Le Yoga est une des écoles de l’hindouisme. Les diverses voies proposées par les philosophes hindouistes pour se défaire des liens matériels qui attachent à la vie terrestre recourent à des méthodes mentales et physiques.

Le Yogi réussi est un homme « unifié » avec tout ce qui existe, avec l’être, délivré de l’obligation punitive de se réincarner pour se purifier.

On distingue :

- les Yogas tantriques, le Laya-Yoga, le Hatha-Yoga : « méthode de progression spirituelle établie sur la discipline des postures du corps et de la régulation respiratoire, et visant par la maîtrise de l’énergie vitale à atteindre la méditation suprême du Soi ». Il se présente comme un chemin spirituel en huit étapes, dont les six premières concernent le corps et les deux dernières l’âme.

- le Yoga de l’action (Karma-yoga)

- le Yoga de la dévotion bienheureuse (Bhakti-yoga)

- le Yoga de la connaissance (Jnâna-yoga)

- et le Yoga royal de la médiation (Râja-yoga)

Tous les différents stades du yoga ont pour but de nous amener scientifiquement à l’état supraconscient ou samâdhi. En outre, il est essentiel de comprendre que l’inspiration fait tout autant partie de la nature de n’importe quel homme que celle des anciens prophètes. Ces prophètes n’étaient pas des êtres à part ; c’étaient des hommes comme vous et moi, mais c’étaient de grands yogins. Ils avaient acquis cette supraconscience ; vous et moi pouvons en faire autant. Ce n’étaient pas des hommes différents des autres. Le fait même qu’un homme est parvenu à cet état prouve qu’il est possible à tout homme d’en faire autant. Non suelement c’est possible, mais il faudra que tout homme parvienne un jour à cet état – et c’est la religion. L’expérience est notre seul instructeur. Nous aurons beau parler et raisonner toute notre vie, nous ne comprendrons pas un mot de la vérité tant que nous n’en aurons pas fait l’expérience personnelle.[58]

Le bouddhisme

Le moine,
la femme et la rivière

     Ce sont deux moines tibétains, un jeune et un vieux qui pérégrinent.

     Ils arrivent devant une rivière. Une jolie jeune femme attend devant le gué, n’osant pas mouiller son vêtement pour traverses. Le vieux moine propose à la jeune femme de l’aider à franchir la rivière en la portant sur son dos.

     Une fois l’autre rive atteinte, les deux moines continuent de marcher jusqu’à la tombée de la nuit.

     Le plus jeune rompt le silence et dit à l’ancien : « N’es-tu point honteux d’avoir porté sur ton dos une jeune femme si peu vêtue alors que tu as fait vœu de chasteté ? »

     Le vieux moine lui répond : « Je l’ai porté trente secondes sur mon dos ; cela fait six heures que nous avons traversé cette rivière et toi, tu la portes encore. »

Conte bouddhiste tibétain

Le bouddhisme tire son nom de Bouddha[59] qui en sanscrit (langue brahmanique) signifie : l’éveillé, l’illuminé. C’est le nom que se serai donné Siddharta Gantama (v. 560-480 av. J.C.) après « l’illumination » qui lui fit découvrir la « Voie » du Nirvana.

Le Bouddha ne garde de l’hindouisme que la croyance en la réincarnation, rejetant védas, dieux, sacrifices, castes et refusant d’expliquer le monde.

Dès son premier sermon à Bénarès, sur le Gange, Bouddha enseigne les quatre nobles vérités qui sont au cœur de sa doctrine :

- Tout est douleur.
Tout le monde est source de souffrance et tout bonheur est par essence éphémère.

- La racine de la douleur est la soif du désir.
La soif, des plaisirs des sens, de l’existence ou de l’ignorance est l’origine de toute douleur.

- Anéantir le désir, c’est ôter la douleur pour entrer en Nirvana (Extinction).
Il est possible de mettre un terme à la douleur en supprimant les passions et les désirs.

- Pour y parvenir il faut suivre le sentier aux huit devoirs (morale, concentration, sagesse).
Il s’agit de suivre le « noble octuple chemin » : avoir une conduite éthique (parole, action et moyens d’existence justes), suivre une discipline mentale (effort, attention et concentration justes) et faire preuve de sagesse (compréhension et pensée justes).

S’adaptant aux diverses mentalités, le bouddhisme a pris progressivement diverses formes :

- le Petit véhicule : la plus fidèle à l’enseignement du Bouddha

- le Grand véhicule : voie large, ouverte à tous

- le Véhicule de diamant ou bouddhisme tantrique (cf. Tibet et lamas)

- le Zen : né en Chine (IVe siècle) et infiltré au Japon (XIIe siècle), le zen ne se présente comme une sagesse humaine libérant le corps et l’esprit.

On entre en Bouddhisme en « prenant refuge » dans le « tripe joyau » :

- Bouddha,

- Dharma (la Loi de Bouddha)

- Sangha (la communauté des moines)

Le bouddhisme se propose de faire passer les hommes du Samsara (cycle des réincarnations) au Nirvana (en sanscrit : extinction). Le bodhisattva (en sanscrit : qui est sur la voie de l’éveil) –sage destiné à devenir bouddha– retarde sa délivrance pour exercer sa compassion envers tous les êtres[60].

Pour une actualisation occidentale du bouddhisme : cf. l’histoire de Richard Bach, Jonathan Livingston le Goéland, Flammarion, Paris 1970.

« Qu’est-ce que la religion ? »

La religion est une

« Communication symbolique régulière par rites et croyances se rapportant à un charisme fondateur et générant un lien social ».[61]

Elle est

« Un ensemble d’idées qui vont du monde des croyances, des mythes et des rites au système (orientation d’esprit, attitude mentale, modèle de religiosité institutionnelle) qui vise à les réguler pour assurer la cohésion du groupe social ».[62]


[25] Le chaman est « celui qui sait », « celui qui inspiré par les esprits », celui « au corps ouvert » (transe), « celui qui est transporté ». Trait d’union entre l’univers visible et invisible, il est apte à établie une communication avec l’esprit de la Nature. Le chaman intervient pour obtenir le gibier dans les civilisations de chasse. Il est guérisseur. Il intervient dans la communication avec le monde « autre », peuplé de puissances multiples. Le chamanisme est un système global qui permet aux hommes d’interpréter le monde, lui donner sens et agir sur lui. 

[26] Doctrine philosophique et morale de Confucius qui portait essentiellement sur la morale, prêchant l’effort vers le bien, la culture de la personnalité, qui seule est capable de rendre possible une société harmonieuse.

[27] Religion qui n’admet qu’un seul dieu. Le monothéisme marque l’état le plus élaboré de la religion. Il semble que la première religion monothéiste ait été pratiquée en Egypte, sous le règne d’Aménophis III.

[28] Doctrine d’après laquelle tout est en Dieu ; en particulier, doctrine où Dieu est identifié au monde. Cf. Art. athéisme : Dictionnaire Larousse de la philosophie, p. 219.

[29] Religion qui admet l’existence de plusieurs dieux.

[30] Religion du Japon, antérieure au bouddhisme (introduit au VIe s.).

[31] Déviation du sentiment religieux, fondé sur la crainte ou l’ignorance, et qui prête un caractère sacré à certaines pratiques, obligations. La superstition attribue à certains comportements (gestes, rites, formules) ou objets des pouvoirs susceptibles de se traduire, de manière occulte, en conséquences bonnes ou mauvaises. Croyance à divers présages tirés d’événements fortuits : salière renversée, pain renversé, chat noir, nombre 13, miroir brisé, ne pas passer sous une échelle, ne pas ouvrir un parapluie dans une maison, doigts croisés, toucher du bois, regarder par le trou d’une serrure d’un portail d’église le 24 décembre à minuit pendant la consécration, se donner la main en croisant deux saluts, saluer de la main gauche, etc.

[32] Religion populaire de la Chine qui s’inspire des doctrines de Laozi (VIe siècle av. J.C.) et d’antiques traditions locales. L’adepte doit suivre « la voie », qui est à la fois le principe primordial de l’univers et l’agent de ses transformations infinies.

[33] Jacques Ménard, Introduction à l’histoire des religions, Cariscript, Paris 1987, p. 37.

[34] Cf. Dossier Les religions de la préhistoire : Le monde des Religions n°11 (2005) 26-41.

[35] Francisco Diez, Breve historie da les religiones, Madrid 2006.

[36] Egypte, Mésopotamie, Aztèques (Mexique), Incas (Pérou).

[37] Judaïsme, mazdéisme, shintoïsme.

[38] Hindouisme, Bouddhisme, Christianisme, Islam.

[39] Foi baha'ie.

[40] Ibidem, p. 47.

[41] Cf. Jacques et J. Scheid, Rome et l’intégration de l’Empire, 44 av. J.-C. – 260 apr. J.-C., t.1 : Les structures de l’Empire romain, PUF, Paris 1990, p. 113 ; cité par Jean-Paul Willaime, Sociologie des religions, PUF, Paris 2004, p. 114 ; Que sais-je ? n° 2961.

[42] Force immanente et impersonnelle qui prend dans certaines cultures le sens de « destin » (ex. Polynésie).

[43] Article Animisme : Jean Vernette, Claire Moncelon, Dictionnaire des groupes religieux aujourd’hui. Religions – Eglises – Sectes. Nouveaux mouvements religieux. Mouvements spiritualistes, Quadrige/PUF, Paris 2001, p. 15.

[44] Sigmund Freud, Totem et tabou. Interprétation par la psychanalyse de la vie sociale des peuples primitifs, Payot, Paris 1965, p. 121.

[45] Objet qu’on porte sur soi et auquel on accorde des vertus magiques.

[46] Objet, image préparés rituellement pour leur conférer une action magique ou protectrice. Le talisman est doué d’un pouvoir magique censé porter bonheur.

[47] Sigmund Freud, Totem et tabou. Interprétation par la psychanalyse de la vie sociale des peuples primitifs, Payot, Paris 1965, p. 13.

[48] Règle contraignant un individu à trouver un conjoint en dehors du groupe d’appartenance.

[49] Cf. note 8 : Mircea Eliade, Images et symboles. Essais sur le symbolisme magico-religieux, Gallimard, Paris 1980, pp. 27-28.

[50] Paul Barguet, Le livre des morts des anciens Egyptiens, Cerf, Paris 1967, 47.

[51] Cf. Art. Hindousme : Jean Vernette, Dictionnaire des groupes religieux d’aujourd’hui, op. cit., pp. 100-111 et Théo. Nouvelles Encyclopédie Catholique, Droguet Ardant, Paris 1989, pp. 144-145.

[52] Gandhi (Mohandas Maramchand), surnommé le Mahatma (1869-1948) est un apôtre national et religieux de l’Inde. Il a consacré sa vie à l’éducation du peuple, aux problèmes des intouchables [l’intouchabilité a été officiellement abolie dans la Constitution indienne] et soutien les actions de masse (désobéissance civile) ou pour calmer les violences entre hindous et musulmans. Assassiné par un extrémiste hindou (brahmane fanatique) le 30 janvier 1948, il est –en Occident– l’inspirateur de nombreux groupes pacifistes, religieux, sociaux, spiritualistes, occultistes, végétariens.

[53] Le Gange (ou Gangâ, fleuve d’en haut) est le fleuve purificateur qui s’écoule de la chevelure de Çiva. Il est le symbole des eaux supérieures, mais aussi en tant qu’il purifie tout, l’instrument de la libération. Le courant de la Gangâ est si réellement un courant axial qu’elle est dite aller par un triple chemin, parcourant le ciel, la terre et le monde souterrain.

[54] Les castes vont du plus pur, le brahmane –la plus haute des quatre varna (« castes ») qui divisaient traditionnellement la société hindoue–, considéré comme un « dieu sur terre », au plus impur : l’intouchable. Seuls les brahmanes peuvent remplir la fonction de prêtrise.

[55] Cf. Catherine Pont-Humbert, Dictionnaire des symboles, des rites et des croyances, Ed. Jean-Claude Lattès/Hachette, Paris 1995, p. 164.

[56] Gandhi, Lettres à l’ashram, Albin Michel, Paris 1971, pp.164ss ; les deux premières citations sont tirées de Young India, 13 octobre 1921 et 12 mai 1920.

[57] Young India, 26 mars 1931.

[58] Swami Vivekananda, Les Yogas pratiques (Karma, Bhakti, Râja), Albin Michel, Paris 1970, p. 417-418 ; Dhyâna et Samâdhi.

[59] Légende : fils d’un prince indien, marié à 16 ans, père d’un enfant qui deviendra son disciple, il connaît une jeunesse insouciante. Puis, marqué par la découverte de la maladie, de la vieillesse, de la mort, et attiré par la sérénité des ermites hindous mendiants, il quitte le palais familial à 29 ans. Déçu par l’enseignement des brahmanes, il poursuit sa recherche ; à 35 ans, méditant sous un figuier, il reçoit l’illumination et atteint le Nirvana, expérience de béatitude absolue acquise par l’extinction complète de la conscience.

[60] « Le bodhisattva est un être qui a atteint l’Eveil et peut donc devenir Bouddha, « Eveillé », et entrer dans le nirvana. Mais par compassion pour les hommes, il préfère différer ce moment afin de sauver le plus grand nombre de personnes, et ce indéfiniment si nécessaire. Il a de nombreuses qualités, parmi lesquelles la générosité, la patience, la sagesse, la bienveillance qui inclut l’amour des ennemis, le sens du sacrifice. Il aide non seulement dans la quête de salut mais aussi dans la vie quotidienne en assistant ceux qui ont besoin de lui dans toute situation, toujours prêt à intervenir et à se dévouer, même au péril de sa vie. » : Christian Defebvre et Mireille Estivalèzes, Les religions dans l’Histoire. 100 textes des origines à nos jours, Bayard, Paris 2005, 72.

[61] Jean-Paul Willaime, Sociologie des religions, PUF, Paris 2004, p. 123 ; Que sais-je ? n° 2961.

[62] Jean Perrot, Religion et préhistoire : les problèmes de terminologie : Religions et Histoires n°2 (2005) 66-69.


Date de création : 01/01/2007 - 21:00
Dernière modification : 01/01/2007 - 21:00
Catégorie : Fait religieux
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